Mardi 12 juin 2007 à 0:58

Prenez un homme, d'un temps futur, quelconque, il remonte le temps, rencontre une femme et couche avec. Cette femme tombe enceinte, plus tard elle accouche de lui. Cet homme est donc son propre père et sa femme est sa mère. Si on suit bien, cette personne-là vivra éternellement...

Maintenant, qu'est-ce qu'un couple ? Ce sont deux personnes attirés physiquement l'un par l'autre, et qui, par peur de mourir seul décident de faire un bout de vie ensemble. Ce sont deux personnes qui n'aiment pas la solitude. Ce sont deux personnes qui, pour passer le temps, quand ils s'ennuient, vont le passer ensemble pour avoir l'impression qu'il passe plus rapidement...

Et vivre ses rêves, c'est toujours rêver et rêver n'est pas la réalité, vivre n'est pas une réalité, nous ne sommes que mensonges. Mensonges de nous-mêmes. Avant, l'Homme partait à la chasse pour vivre, survivre, manger. Puis il a commencé à prendre beaucoup de plaisir mais il s'est lassé. Après, l'Homme est parti à la chasse à l'Homme. Il a commencé à prendre beaucoup de plaisir, mais il trouvait ça dangereux, alors il a envoyé d'autres hommes à sa place pour chasser les hommes, puis les autres hommes ont trouvé ça dangereux. Aujourd'hui, l'Homme part à la chasse de l'argent, un jeu de l'oie où le gagnant est celui qui en a le plus, sans vraiment trop savoir quoi en faire, mais parfois il faut envoyer des hommes tuer d'autres hommes pour en amasser encore plus. Après, un homme aura tout l'argent, les autres hommes auront disparu, il se retrouvera seul, et cet argent ne lui permettra pas de vivre, de survivre, de manger, seulement il ne sait plus chasser comme avant. Tout ce qu'il saura faire c'est montrer qu'il est le dernier homme, celui qui a tout, mais tout avoir ne lui servira à rien...

Tenez, mes cheveux commencent à devenir blanc. Ce n'est pas un mal, mais tout de même, à mon âge. Tout cela me donne envie de me tatouer un code barre, car oui, je suis un objet de consommation, je suis un objet de la société de consommation, je consomme et on me consomme, je suis à vendre, au plus offrant...

Cela sera mon cri de révolte, aaaaaaah...

Je n'ai rien d'autres à vous proposer...

Jeudi 7 juin 2007 à 16:57

Il est grand temps de tout quitter, ma femme, mon job, mes enfants, mes amis. Je veux prendre congé et partir pendant environ cinq ans dans une forêt, seul. Juste le temps de me ressourcer, de réfléchir sur toutes les questions habituelle, de laisser le monde courir à sa perte sans moi...

Ce n'est pas parce que je réalise que les amis ne servent à rien, que l'amour ne sert à rien, que l'argent ne sert à rien, que la famille ne sert à rien, que travailler ne sert à rien, enfin, c'est en parti à cause de ça, mais ce n'est pas parce que vivre ne sert à rien, enfin si, ça ne sert concrètement à rien, mais c'est tellement bon...

Comme quand je m'imagine dans cette forêt, ce sera tellement bon. A moi les branlettes dans les fourrées, les animaux sauvages rotis, les feux de bois qui ne s'allument pas, les pieds gelés en hiver, les courses poursuites avec des ours ou des lions. Je ne prendrai rien de moderne avec moi, si ce n'est une tente, un cas de couchage, quinze tonnes de papiers et 5 000 stylos bleus. Pensez-vous bien, il va falloir que je m'occupe, et la seule chose noble qui reste dans ce monde (et qui restera dans mes faibles capacités) est d'écrire. Quand je reviendrai je publierai "Le Sens de la Vie" en plusieurs volumes (encore indéfini pour le moment), ça fera un tabac et j'm'achèterai plein de cigares et un voyage au Tibet, parce que tout ceci m'aura spirituellement épuisé et qu'il va falloir me ressourcer, je partirai cinq ans bien sûr. Je reviendrai dans le monde dans dix, ainsi, à moins qu'il n'ait déjà disparu, à moins que je ne sois tombé dans un fossé, un ravin, ou happé par un torrent furieux ou une bande de sauvages, à moins que je sois le seul survivant sur cette planète et que je devrai tout reconstruire de mes propres mains, comme au bon vieux temps, quand une entité, haute comme trois pommes, s'en ait fait bouffer une et qu'il a jeté tout le monde dehors...

Je ne sais encore à quelle heure je vais partir précisément, ni quel jour d'ailleurs, parce que je me demande tout de même, si je dois changer d'adresse postale pour payer mes impôts ou si il est préférable de revendre la maison, si je dois bloquer mon compte en banque ou si je peux faire confiance à la banque pour garder mon argent, car, comprenez-vous, s'il y a une guerre electro-magnétique, je risque de tout perdre, ce serait fâcheux...

Je réalise ainsi que nous ne sommes pas libres, à peine avons-nous posé le pied dans la société moderne qu'elle nous empêche de repartir, elle nous empêche d'aller où bon nous semble...

Après mes dix années d'exil, j'aurai amassé assez d'argent pour construire une citée sous-marine, je prendrai quelques élus et nous rebatirons Atlantide, sous les flots. De toute manière, avec le réchauffement climatique, toute la Terre sera sous les eaux et seuls les plus vaillants survivront. Amis, je serai votre nouveau guide, pour les 5 prochaines décennies. Si ce n'est plus ou moins, tout dépend de vous, ou de moi...

Mardi 5 juin 2007 à 10:47

Chers amis, le moment est grave, lourd, nous faisons fausse route, nous fonçons droit dans le mur. Rassurez-vous, car c'est au pied du mur qu'on voit mieux le mur. Je vous promets qu'à dos d'âne nous poursuivrons ces mécréants, ces pilleurs de tombes, toutes ces abominables créatures au dos voûté ne pensant qu'au...

Stop ! Jusqu'où croyez-vous que nous pouvons aller comme ça ?

Voilà la question. Comme ça, comment ? Je ne parle pas de ceux qui ont un coussin sous leurs fesses, ni de culottes rembourrées, je parle des autres, ceux dont on ne parle pas, ceux qui sont cachés sous leurs draps réfléchissant sur l'immortalité du crabe et du hanneton, ceux qui parlent à des cabines téléphoniques en panne ou qui n'aiment pas la laitue...

Pourquoi ? Parce qu'il faut que cela cesse. Les anglais ont débarqué. Vous savez ce qu'il en résulte. Nous devrons passer par derrière. Ce long tunnel tout sombre qui ne sent pas très bon. Enfin, le tout est de ne pas abuser de Ouiche Lorraine.

Pour résumer. Nous faisons face à une dégénérescence, certains appeleront cela la recrue d'essence, n'espérez pas une bonne note, vous avez peut-être bon dos, tout dépend s'il est majeur ou mineur. Je vous arrête, je m'arrête là avant de voir débarquer les officiers dans mon humble demeure. Tapez trois fois et je vous offrirai une glace.

Pour conclure, je vous invite à venir me voir, non pas chez moi, mais au Biplan à Lille (http://www.lebiplan.org) pour Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès. Le prix est de 6€70 (5€20 tarif réduit), réservation par téléphone. J'y joue un frère, un gars, un gardien de prison, un policier, Roberto et je crois que c'est à peu près tout. Cela se passe les 29 et 30 juin, bien sûr, à 20h30.

Je pense bien que vous ne viendriez pas me voir, mais on ne pourra pas dire que je ne vous ai pas prévenu. De toute façon il n'y aura pas assez de place ou alors il faut vous dépêcher.

Vous aimez les crevettes ?

Parce que les crevettes, ça se mange, et qui en mange, en mangera...

Bref, on dit que que je suis un bon coup...

Voilà qui a de quoi se redonner de l'estime, de retrouver une nette confiance en soi, de prendre de l'assurance. Quand votre femme collée au mur vous susurre à l'oreille "Tu baises comme un Dieu", vous qui tous les matins vous regardiez dans le miroir cette petite banane pendouillante entre les jambes en marmonnant "Bon Dieu, ce que tu es laide". Un petit sourire aux lèvres, vous vous retroussez les manches ou plutôt le pénis pour le fourrer un peu partout, un moufle, une peau en latex et ça dure si vous le voulez pendant quelques minutes...

Pas question de dérailler, question trous, Serge s'y connaît mieux que tout le monde...

Bref, y aurait-il là un talent caché ?

Comme ce n'est pas donné à tout le monde de naître, j'espère bien en profiter...

Dimanche 3 juin 2007 à 12:51

Un jour, j'ai eu une importante illumination, une lumière qui traversa mon esprit comme un éclair. A ce moment-là je pensais à la mort, mais, surtout à ce qui pourrait se passer après la mort. Tout le monde a déjà réfléchi là-dessus, un jour ou l'autre, la lumière blanche, le paradis, l'enfer, le nirvana, la réincarnation, mais, je me suis demandé quelle vie pourrait-on avoir après la mort, sans aucune considération métaphysique, religieuse et j'ai eu un vide, un vide dans ma tête, dans mon esprit, comme quoi après la mort, il n'y a rien, que du noir, notre esprit se sépare de notre corps et se désintègre n'ayant plus d'apparence, ni d'un corps concrètement, ou, tout simplement, il n'y a rien de tout cela, notre corps pourrit et nous disparaissons, pfuit, plus rien, rien, rien...rien. Nous devenons poussière, nous n'avons plus la capacité de bouger, de penser, de vivre, nous sommes vide...

Je peux vous dire que c'était impressionnant de ressentir ce vide dans ma tête, en quelques secondes, je m'étais vidé, et me suis entre aperçu des conséquences de la mort, quand j'ai repris mes esprits je me suis dit "Whoua", et cela confirme que la religion n'est là que pour rassurer l'Homme dans sa vie pour qu'il n'ait pas peur de la mort...

Ce sujet m'amène évidemment quelques souvenirs, assez sombres, glauques, morbides, bien que tout ceci s'est passé une chaude soirée d'été, en Allemagne...

Je me trouvais dans une ville, dans cette Allemagne non loin de la frontière française, le soleil venait à peine de se coucher, pourtant il était déjà assez tard, je traînais dans des rues peu fréquentées, peu éclairées, et, c'est dans cet endroit très cliché qu'un évènement, ayant marqué ma jeune vie à jamais, va se réaliser...

Un homme m'interpelle, je ne parviens pas à distinguer nettement son visage, mais, il paraissait très sale, des vêtements usagés, et une voix caverneuse, abîmée par l'alcool et la cigarette. Il me demande, en allemand, sur un ton non sympathique si j'ai du feu, étant pressé et ne voulant pas avoir affaire avec ce genre d'individus je réponds que non, mais, il me rattrape, me saisi et me plaque contre le mur, j'ai peur, mon coeur commence à battre intensément, et, raconter ceci me fait le même effet. Je lui demande ce qu'il me veut, il ne comprend pas un mot de mon français, mais commence à voir mon air apeuré. Avec mon allure, et, sachant que je suis un étranger, il devait penser que j'étais un vagabond perdu, sans famille, sans papiers et il voulait s'amuser avec moi, si j'en crois son grand sourire laissant apparaître des dents gâtées et une haleine horrible. J'ai pas le temps de réfléchir, tout cela s'est passé en quelques instants, j'avais à peine le temps de cligner des yeux, qu'il commence à sortir un cran d'arrêt de son manteau usé et à me le pressé sur la gorge, je ferme les yeux, et là, toute ma vie commence à défiler, j'avale ma salive, j'entends mon coeur résonner dans toute ma poitrine, et, je me dis "Je suis perdu"...

L'homme commence à presser plus fortement, et, bouge sa lame d'un côté à l'autre, ça brûle, je saigne, il voit la peur dans mes yeux, pourtant, mes bras pendent, mais, ils sont très lourds, pendant qu'il baragouine des mots incompréhensibles en allemand, j'ai eu une petite montée d'adrénaline, et, d'un geste rapide,précis et violent, je lui enfonce mon genou dans ses testicules, à cet instant précis, je lui retourne le poignet, saisis son couteau, et, profitant d'un petit instant de déséquilibre, je le fais basculer sur le dos...

Maintenant, j'aurai très bien pu fuir, prendre mes jambes à mon cou, sans me retourner un seul instant, jusqu'à l'épuisement, mais, l'adrénaline étant monté violemment, brusquement, je me suis laissé guider par mes pulsions. A cheval sur lui, je brandis la lame, et, la plante d'un coup sec dans son coeur (ou l'emplacement où était supposé être son coeur), il crie, je mets ma main sur sa bouche pour le faire taire, et il commence à me mordre, je pousse un petit cri à mon tour, et, instinctivement, je retire le couteau et lui replante dans la gorge, sur le côté, du sang jaillit, il ne bouge presque plus, seulement quelques gémissements pendant quelques secondes, jusqu'à son dernier souffle, ses yeux sont grand ouverts...

Je me suis jeté en arrière, je suis resté assis durant quelques minutes, je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas quoi penser, je me suis mis à me remémorer ma journée, mes derniers bons moments, je me suis mis à sourire, puis, j'ai rouvert les yeux, et, j'ai revu son cadavre gisant sur le bord du trottoir, pas un bruit, pas une lumière mis à part un ou deux lampadaires, je n'ai pas réfléchi, je n'ai pas réfléchi un seul instant, j'ai pris mes affaires, récupéré le couteau, et, j'ai couru, il y avait du sang sur ma veste, je l'ai retournée, mes mains étaient couvertes de sang également, mais, je continuais de courir, sans cesse, jusqu'à la sortie de la ville, jusqu'à trouver un petit ruisseau, quelconque plan d'eau dans lequel je pouvais me laver, après m'être nettoyé, je me suis allongé, j'ai vomi de tout mon corps, et, j'ai passé une nuit horrible...

Chaque fois, chaque instant où je fermais les yeux, je revoyais la scène, je revoyais son corps, tout ce sang, j'ai cru devenir totalement fou, mon coeur ne cessait de battre à toute vitesse, et, j'avais ces petits vertiges, lorsque je repensais à tout cela...

Je venais de tuer un homme, je venais d'ôter la vie à une personne, j'avais une main écrabouillée, une gorge blessée, une boule dans cette même gorge, mais, j'ai tué...

Pendant plusieurs jours, je ne savais où j'allais, cette soirée n'arrêtais pas de me hanter, j'en faisais des cauchemars, même éveillé je cauchemardais sans cesse...

Pour quelles raisons, pour quels motifs, par quels moyens, j'avais agi de la sorte, l'adrénaline, la peur, les pulsions, le sentiment d'être perdu, tout cela, tout cela et le fait que c'était lui ou moi...

Quand je me suis dis, quand j'ai réalisé que c'était lui ou moi, j'ai eu un soulagement, en quelque sorte, mais j'aurai pu fuir, aucun de nous deux seraient morts, là est le problème qui persiste encore actuellement, heureusement, depuis, de l'eau a coulé sous les ponts, pourrait on dire, et, je me dis constamment "C'est peut-être mieux ainsi"...

Je n'ai pas eu d'écho de cette affaire, et, j'avoue ne pas avoir cherché à en trouver...

Voilà, voilà la raison pour laquelle je préfère rester si mystérieux, maintenant, je pense que vous aurez une vision différente de ma personne, et, peut-être même que vous ne préférerez pas me connaître davantage...

Et, je ne peux dire que ceci est une expérience à avoir, mais, lorsqu'on l'a vécu, nous voyons certaines choses différemment. Comme, parfois, je me fais des petits scénarios, sur les réactions des gens, de l'entourage, si telle ou telle personne venait à mourir ou si tel ou tel individu avait tué...

Tout ceci est matière à réflexion, tout ceci ne peut laisser indifférent...

La vie, la mort, deux choses, deux termes, deux notions, tellement différentes, mais tellement semblables et complémentaires...


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